COCO SCHELL
 
Ne lui demandez pas de s’étendre sur ses influences.
Elle ne les connaît pas. « J’aime trop de choses pour en avoir, je ne suis fan de personne en particulier ».
Le sectarisme ne fait pas partie du vocabulaire de Coco Schell.
Passer de la Traviata à Neneh Chery ou de Cindy Lauper aux Demoiselles de Rochefort sont des démarches qui ne lui posent aucun souci existentiel. « Je ne suis jamais rassasiée, j’écoute tout ».

 
Son premier opus est délicieusement inclassable.
Ni variété, ni rock, ni pop, ni funk, mais un peu tout à la fois, son répertoire est un répertoire délibérément tourné vers le mélange des genres.
«C’est une idée qui ne m’a jamais fait peur, au contraire j’adore ça, pareil pour la déco d’ailleurs, et pour les gens ».
Préférant les « fêlures à la beauté », Coco Schell brouille ses pistes créatives avec une stupéfiante efficacité. « Il y a une voix, du texte et de la mélodie. Ce n’est pas un style, c’est tout simplement mon style ».  Et, phénomène rare donc d’autant plus précieux, un style complètement novateur.

 
« 1 », le titre de son album qu’elle considère comme sa « véritable naissance », est un condensé vibratoire des intimités chaotiques d’une artiste que la vie n’a pas épargnée. « A part Cindy qui évoque la première femme condamnée à mort aux Etats-Unis, tout le reste parle de mes interférences ».
 
Légèreté, gravité, douceur, violence, apaisement, révolte, Coco Schell  triture sans cesse ses propres constructions et déconstructions. Si ses émotions sont aussi troublantes à l’écoute, c’est grâce à  une complémentarité fusionnelle entre une écriture et une composition épurées et une voix hors-norme, une voix que la chanteuse elle-même ne s’explique pas forcément. «Elle est toute en nuance, jamais calme, toujours en mouvement. Le plus intéressant, c’est qu’elle est totalement spontanée. J’ai l’impression que son imaginaire va plus vite que le mien. Elle me surprend régulièrement ». Nous aussi.


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